Un problème de santé lié à la grossesse oblige parfois à s’arrêter de travailler avant la date prévue du congé maternité, situation encadrée par une nouvelle loi sur l’arrêt maladie des fonctionnaires en 2025. Se pose alors une question très concrète : cet arrêt maladie grossesse va-t-il faire baisser les revenus au moment même où ils devraient être protégés ? La réponse dépend entièrement de la nature de l’arrêt.
Arrêt maladie avant congé maternité : y a-t-il une perte de salaire ?
Oui, une perte de salaire est possible, mais elle varie fortement selon le type d’arrêt prescrit. Un arrêt maladie classique pendant la grossesse entraîne un délai de carence de 3 jours avant le versement des indemnités, puis une indemnisation à hauteur de 50 % du salaire journalier de base, plafonnée par la Sécurité sociale. À l’inverse, un congé pathologique prénatal ouvre droit aux IJSS dès le premier jour, sans carence, avec un niveau proche de celui de l’assurance maternité classique.
Concrètement, la perte de revenus est souvent limitée pour les salaires moyens en congé pathologique, alors qu’elle peut représenter plusieurs dizaines d’euros par jour en cas d’arrêt maladie ordinaire, surtout au-dessus du plafond de la Sécurité sociale.
| Critère | Arrêt maladie classique | Congé pathologique prénatal |
|---|---|---|
| Carence | 3 jours | Aucune |
| Taux d’indemnisation | 50 % du salaire journalier de base | Aligné sur l’indemnisation maternité |
| Durée maximale | Variable selon prescription médicale | 14 jours avant le congé maternité |
| Maintien de salaire employeur | Possible après 1 an d’ancienneté | Souvent maintenu selon convention collective |
Pour une salariée gagnant 2 200 € brut par mois, un arrêt maladie classique génère des indemnités journalières autour de 36 € par jour, contre un salaire journalier réel proche de 72 €. En congé pathologique prénatal, l’indemnisation reste beaucoup plus proche du revenu habituel, réduisant l’écart à quelques euros seulement selon la période de référence retenue.
Congé pathologique prénatal : fonctionnement et indemnisation
Qu’est-ce que le congé pathologique ?
Le congé pathologique prénatal est un arrêt spécifique prescrit en cas de complication grossesse, distinct d’un arrêt maladie ordinaire. Il doit être justifié par un certificat médical mentionnant explicitement ce motif, et non un simple arrêt de travail classique. Sa durée est limitée à 14 jours avant le début du congé maternité, sauf circonstances particulières validées par la caisse d’assurance maladie.
Montant des indemnités du congé pathologique
Les indemnités journalières versées pendant ce congé sont calculées selon les mêmes règles que celles de l’assurance maternité, ce qui explique un taux d’indemnisation plus favorable qu’en arrêt maladie classique. Aucun jour de carence ne s’applique, et le montant se rapproche du salaire journalier de base habituel de la salariée, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Arrêt maladie classique pendant la grossesse : impact sur les revenus

Lorsque l’arrêt ne relève pas du congé pathologique mais d’un arrêt maladie grossesse « ordinaire » (fatigue, douleurs, autre pathologie non spécifique), les règles générales de l’assurance maladie s’appliquent. Trois jours de carence sont décomptés avant tout versement, et les IJSS couvrent 50 % du salaire journalier de base calculé sur les 3 derniers mois de salaire.
Si la salariée justifie d’au moins un an d’ancienneté, l’employeur peut intervenir en complément via le maintien de salaire prévu par le Code du travail ou la convention collective : généralement 90 % du salaire brut pendant les 30 premiers jours, puis 66 % pendant les 30 jours suivants, après un délai de carence de 7 jours propre à ce dispositif. Cette différence de traitement explique pourquoi deux arrêts prescrits pour la même grossesse peuvent aboutir à des pertes de revenus très différentes.
Comment sont calculées les indemnités du congé maternité après un arrêt maladie ?
Le calcul indemnités maternité repose sur le salaire journalier de base, lui-même déterminé à partir de la moyenne des salaires bruts perçus durant les 3 derniers mois précédant l’arrêt de travail, ou les 12 derniers mois pour les salaires variables. Cette période de référence est essentielle : si un arrêt maladie a réduit le salaire perçu juste avant le congé maternité, cela peut, dans certains cas, influencer légèrement le montant retenu par la caisse d’assurance maladie.
En pratique, la Sécurité sociale prend en compte les rémunérations habituelles hors périodes d’arrêt lorsque celles-ci sont dûment justifiées, ce qui limite l’impact réel sur le montant des indemnités journalières du congé maternité. Le taux d’indemnisation appliqué pendant le congé maternité reste généralement plus favorable que celui d’un arrêt maladie classique, ce qui rend l’enchaînement arrêt congé globalement moins pénalisant qu’on ne l’imagine souvent.
Démarches à effectuer pour enchaîner arrêt maladie et congé maternité

La continuité des droits maternité suppose une transmission rigoureuse des documents. Le médecin établit un certificat médical précisant la nature de l’arrêt (maladie classique ou congé pathologique), et le volet 3 doit être envoyé sans délai à l’employeur, tandis que les volets 1 et 2 partent à la caisse d’assurance maladie.
Il est recommandé de vérifier auprès de la Sécurité sociale que la bascule vers le congé maternité s’effectue automatiquement à la date prévue, sans interruption de versement. L’employeur doit, de son côté, être informé rapidement pour ajuster le maintien de salaire éventuel et éviter tout retard dans le calcul des indemnités du congé maternité. En cas de doute sur la nature de l’arrêt à privilégier face à une complication grossesse, un échange avec le médecin traitant permet souvent d’orienter vers la solution la moins pénalisante financièrement.





