Le revenu de solidarité active (RSA) n’est pas une somme fixe versée à tous. Son montant dépend de la composition du foyer, des ressources perçues et de certaines aides au logement. Voici les chiffres de référence, la formule de calcul, puis les cas particuliers qui font varier le résultat.
Montant du RSA en 2026 : le barème de base
Le montant forfaitaire est le plafond que la Caf ou la MSA peut verser quand le foyer n’a aucune ressource. Il est revalorisé chaque année au 1er avril, en fonction de l’inflation. Le tableau ci-dessous reprend le barème vérifié en vigueur depuis avril 2025 : la revalorisation du 1er avril 2026 l’augmente légèrement, et le chiffre exact figure sur le site de la Caf ou de la MSA.
| Situation du foyer | Montant forfaitaire mensuel (base avril 2025) |
|---|---|
| Personne seule, sans enfant | 646,52 € |
| Personne seule avec 1 enfant à charge | 969,78 € |
| Personne seule avec 2 enfants à charge | 1 163,74 € |
| Couple, sans enfant | 969,78 € |
| Couple avec 1 enfant à charge | 1 163,74 € |
| Couple avec 2 enfants à charge | 1 357,69 € |
| Parent isolé (RSA majoré), 1 enfant | environ 1 107 € |
Pour chaque enfant à charge supplémentaire, le barème ajoute 40 % du montant forfaitaire d’une personne seule, soit environ 259 € par mois pour un couple ou une personne seule non majorée.
Comment le montant est calculé : forfait moins ressources
La logique est la même pour tous les allocataires : la Caf retient le montant forfaitaire correspondant à votre foyer, puis en retranche les ressources de la période. La formule se résume ainsi : RSA = montant forfaitaire − base ressources − forfait logement. Plus les ressources augmentent, plus le RSA diminue, jusqu’à s’annuler.
La base ressources regroupe l’ensemble des revenus du foyer sur les trois derniers mois : salaires et autres revenus d’activité, indemnités chômage, pensions, revenus du capital, certaines prestations familiales. Quelques ressources sont écartées ou font l’objet d’un abattement, par exemple pour les travailleurs indépendants ou dans certaines situations de reprise d’emploi. Les revenus d’activité ne sont donc pas toujours retenus à 100 %.
Le forfait logement, une déduction automatique
Si vous êtes logé gratuitement, propriétaire sans charge de remboursement ou bénéficiaire d’une aide au logement, un forfait logement est déduit du RSA. Il représente 12 % du montant forfaitaire pour une personne seule, 16 % pour deux personnes et 16,5 % à partir de trois personnes. Pour une personne seule, cela revient à retrancher environ 77,58 € chaque mois, comme le montre le RSA d’une personne seule avec APL.
Exemple chiffré : 300 € de ressources, personne seule
Sans aide au logement : 646,52 − 300 = 346,52 € de RSA. Avec une aide au logement : 646,52 − 300 − 77,58 = 268,94 € de RSA. Le même foyer touche donc près de 78 € de moins quand le forfait logement s’applique. Si le résultat tombe sous 6 €, le RSA n’est pas versé.
Montants selon la composition du foyer et RSA majoré

Le RSA non majoré s’applique à la grande majorité des allocataires. Le montant grimpe avec la taille du foyer, mais pas proportionnellement : un couple touche 50 % de plus qu’une personne seule, et non le double. Les enfants à charge s’ajoutent ensuite selon les coefficients du barème.
Le RSA majoré est réservé au parent isolé, c’est-à-dire sans conjoint, concubin ou partenaire de Pacs. Il concerne une femme enceinte seule, ou un parent seul avec au moins un enfant de moins de 3 ans, ou pendant une durée limitée après une séparation (12 mois, à utiliser dans les 18 mois suivant l’événement). Le forfait de départ est plus élevé : environ 830 € pour une femme enceinte sans autre enfant, environ 1 107 € avec un enfant, puis une majoration d’environ 277 € par enfant en plus.
Le calcul reste identique : le forfait majoré, moins les ressources, moins le forfait logement s’il s’applique. L’avantage est donc un point de départ plus haut, pas une règle différente. Si vous êtes parent seul et que votre Caf ne vous a pas versé de majoration, demandez une vérification de votre dossier.
Cas particuliers : moins de 25 ans et jeunes parents
Avant 25 ans, le RSA n’est pas ouvert par défaut. Les jeunes actifs doivent justifier d’au moins deux ans d’activité professionnelle à temps plein (3 214 heures de travail) sur les trois années précédant la demande. Si la condition est remplie, le montant est le même que pour un allocataire de 25 ans ou plus.
Les jeunes parents échappent à cette condition d’activité. Un jeune de moins de 25 ans, enceinte ou seul avec un enfant à charge, peut prétendre au RSA majoré dès 18 ans, sans durée de travail préalable. Les étudiants, élèves et stagiaires non rémunérés sont en revanche exclus, sauf s’ils sont parents isolés.
RSA et prime d’activité : deux aides qui peuvent se cumuler
Un allocataire qui reprend un emploi peut conserver une partie de son RSA, tout en ouvrant droit à la prime d’activité. Les deux prestations se calculent séparément, et la Caf vérifie les deux lors de chaque déclaration trimestrielle.
Estimer son montant et faire sa demande

Pour obtenir une première estimation, le simulateur de la Caf ou de la MSA reste l’outil le plus fiable, et notre guide de simulation RSA pour estimer ses droits explique comment le lire. Il demande la composition du foyer, les ressources des trois derniers mois et votre situation de logement, puis indique si un droit est ouvert et pour quel montant approximatif. Le résultat reste indicatif : seule l’instruction du dossier fixe le montant réel.
La demande se fait en ligne sur caf.fr ou msa.fr si vous relevez du régime agricole. Pensez à rassembler ces éléments avant de commencer :
- une pièce d’identité ou un titre de séjour en cours de validité ;
- votre RIB ;
- les justificatifs de ressources des trois derniers mois ;
- les informations sur votre logement et sur les personnes à charge.
Une fois le droit ouvert, l’allocataire doit remplir une déclaration trimestrielle de ressources, faute de quoi le versement est suspendu. Il doit aussi être inscrit à France Travail, qui assure l’accompagnement et le suivi des bénéficiaires. Le montant peut ainsi évoluer d’un trimestre à l’autre selon vos revenus, et il est réévalué de manière générale à chaque revalorisation du 1er avril.






