Trouver le salaire minimum qui correspond à son poste dans l’industrie n’a rien d’évident depuis la réforme de la classification, surtout après avoir consulté la nouvelle grille salaire métallurgie 2025 avec les montants par coefficient. La Convention collective nationale métallurgie (IDCC 3248) a remplacé les anciennes grilles territoriales par un système unique, applicable à tous les salariés de la branche. Voici comment lire cette nouvelle grille et connaître les montants applicables en 2026.
Qu’est-ce que la grille des salaires de la métallurgie et qui est concerné ?
La grille des salaires minima hiérarchiques, souvent désignée par le sigle SMH, fixe le montant plancher que doit percevoir chaque salarié selon son niveau de classification. Le champ d’application de la CCN couvre l’ensemble des entreprises industrielles relevant de la métallurgie : fabrication de machines, équipements électriques, automobile, sidérurgie ou encore réparation industrielle. Cette convention concerne aussi bien les ouvriers que les techniciens et les cadres, sans distinction régionale depuis l’entrée en vigueur du nouveau texte.
Avant cette réforme, chaque territoire disposait de sa propre grille, avec des montants différents d’un département à l’autre. Le nouveau texte a mis fin à cette dispersion en instaurant des minima identiques sur tout le territoire national, ce qui simplifie considérablement la gestion pour les employeurs multi-sites et la lisibilité pour les salariés.
La nouvelle classification des salariés de la métallurgie (groupes A à H)
La grille de classification repose sur une échelle de 18 niveaux, répartis en groupes d’emplois allant de A à I. Chaque niveau correspond à un degré d’autonomie, de complexité des tâches et de responsabilité croissant. Le groupe A regroupe les postes d’exécution simple, tandis que le groupe I concerne les fonctions de direction et d’expertise les plus élevées.
Ce système remplace l’ancienne logique de coefficients isolés par une approche fondée sur des critères classants : autonomie, complexité, contribution et connaissances requises. Chaque salarié se voit attribuer un niveau précis à l’intérieur de son groupe, ce qui détermine directement son salaire minimum hiérarchique.
Comment trouver son groupe d’emploi et son coefficient
Pour identifier son positionnement, il faut se référer à la fiche de poste et comparer les missions réelles avec les critères définis dans l’accord de classification : niveau d’autonomie dans l’organisation du travail, complexité des problèmes à résoudre, type de contribution apportée à l’entreprise et connaissances mobilisées. L’employeur a l’obligation de communiquer ce positionnement sur le bulletin de paie ou dans un document annexe. En cas de doute, les représentants du personnel ou les syndicats de la métallurgie peuvent aider à vérifier la cohérence entre le poste occupé et le niveau attribué.
Grille des salaires minima hiérarchiques (SMH) 2026 : tableau et chiffres clés

Voici les montants annuels bruts applicables pour quelques niveaux représentatifs de la grille 2026, après la revalorisation salariale issue de l’avenant du 20 février 2026.
| Niveau | Groupe | Salaire minimum annuel brut 2026 |
|---|---|---|
| A1 | A | 21 980 € |
| C6 | C | 25 780 € |
| F11 | F | 35 200 € |
| G13 | G | 40 350 € |
| H15 | H | 47 380 € |
| I18 | I | 68 450 € |
Salaires minima par coefficient et groupe d’emploi
Entre ces bornes, chaque niveau intermédiaire dispose de son propre montant, calculé pour respecter une progression cohérente entre les échelons. Le salaire de base réel versé par l’entreprise doit toujours être égal ou supérieur au minimum conventionnel correspondant au niveau attribué. Si le SMIC légal dépasse ponctuellement ce minimum pour les niveaux les plus bas, c’est le montant le plus favorable au salarié qui s’applique, conformément à la règle générale du droit du travail.
Augmentation 2026 : +0,9% appliquée aux SMH
Les négociations salariales menées entre les organisations patronales et les syndicats de la métallurgie ont abouti à une revalorisation moyenne de 0,9 % pour l’année 2026. Cette augmentation s’applique uniformément à l’ensemble de la grille, du niveau A1 jusqu’au sommet de la classification. Elle fait suite à plusieurs cycles de négociation entamés depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle convention, dans un contexte où les branches industrielles cherchent à maintenir l’attractivité des métiers techniques.
Grille 2025 vs 2026 : ce qui change concrètement
Un salarié positionné au niveau F11 percevait environ 34 890 € brut annuel en 2025. Avec la hausse de 0,9 % appliquée en 2026, son minimum conventionnel passe à 35 200 €, soit un gain mensuel brut d’environ 26 €. L’écart reste modeste mais s’applique à tous les niveaux de la grille sans exception.
Dispositions particulières : débutants, alternants, cadres au forfait
Le groupe F fait l’objet d’une attention particulière puisqu’il concerne souvent les salariés débutants sortant de formation technique ou d’école d’ingénieur. Un dispositif transitoire peut s’appliquer durant les premiers mois d’activité, avec un taux horaire légèrement ajusté le temps que le salarié atteigne pleinement les critères classants de son niveau.
Les alternants métallurgie, qu’ils soient en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, relèvent d’un barème spécifique fixé en pourcentage du SMIC ou du minimum conventionnel selon leur âge et leur année de formation. Ce montant progresse chaque année du contrat et ne doit jamais être inférieur aux planchers légaux.
Quant aux cadres au forfait jours, leur rémunération minimale annuelle est calculée différemment : elle intègre une majoration liée à l’autonomie de gestion du temps de travail, généralement fixée à un pourcentage supérieur au minimum conventionnel du niveau correspondant. Cette majoration vise à compenser l’absence de décompte horaire classique.
Prime d’ancienneté dans la métallurgie : calcul et modalités
La prime d’ancienneté reste un élément distinct du salaire de base dans la nouvelle convention. Elle se calcule en pourcentage du salaire minimum hiérarchique, progressant par paliers en fonction du nombre d’années passées dans l’entreprise. Concrètement, un salarié comptant huit ans d’ancienneté et positionné au niveau C6 verra sa prime s’ajouter au montant du SMH, augmentant d’autant sa rémunération mensuelle brute.
Cette prime figure obligatoirement sur le bulletin de paie sous une ligne distincte du salaire de base. Elle continue de s’appliquer même après la réforme de la classification, contrairement à certaines dispositions territoriales qui ont disparu avec l’harmonisation nationale de la grille.