Quand un proche décède, la question revient vite : combien l’État prend sur un héritage et comment sont calculés les droits de succession ? En réalité, il n’existe aucun taux fixe appliqué directement sur l’argent disponible. L’administration fiscale calcule des droits de succession propres à chaque héritier, après un abattement fiscal et selon un barème progressif lié au lien de parenté avec le défunt.
Droits de succession sur un compte bancaire : ce que prélève réellement l’État
Le principe des droits de succession
À un décès, l’ensemble des avoirs du défunt (comptes bancaires, livrets, portefeuille titres, immobilier) constitue l’actif successoral. On en déduit les dettes et certains frais, comme les frais funéraires plafonnés à 1 500 euros. Le solde net est ensuite réparti entre les héritiers, et chacun paie ses propres droits de succession sur sa part, pas sur la totalité du compte hérité.
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Les abattements selon le lien de parenté
Avant toute taxation, chaque héritier bénéficie d’un abattement fiscal qui dépend de son lien de parenté avec le défunt. Un enfant profite d’un abattement de 100 000 euros sur sa part, tout comme un parent envers son enfant. Un frère ou une sœur dispose d’un abattement de 15 932 euros, un neveu ou une nièce de 7 967 euros, et les héritiers sans lien de parenté ne bénéficient que de 1 594 euros. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS, eux, sont totalement exonérés de droits de succession, quel que soit le montant hérité.
Barèmes fiscaux applicables après abattement
Une fois l’abattement déduit, seule la part restante est soumise au barème progressif. Pour les enfants et parents en ligne directe, le taux commence à 5 % jusqu’à 8 072 euros, puis grimpe progressivement jusqu’à 45 % au-delà de 1 805 677 euros. Entre frères et sœurs, le taux est de 35 % jusqu’à 24 430 euros puis 45 % au-delà. Pour les autres liens de parenté, la taxation peut atteindre 55 % ou 60 % selon la proximité familiale.
| Lien de parenté | Abattement | Taux applicable après abattement |
|---|---|---|
| Enfant / parent (ligne directe) | 100 000 € | 5 % à 45 % |
| Frère / sœur | 15 932 € | 35 % puis 45 % |
| Neveu / nièce | 7 967 € | 55 % |
| Sans lien de parenté | 1 594 € | 60 % |
| Conjoint survivant / PACS | Exonération totale | 0 % |
Prenons un exemple concret : un enfant héritier hérite de 150 000 euros sur le compte bancaire de son parent décédé. Après abattement de 100 000 euros, il ne reste que 50 000 euros taxables. En appliquant le barème progressif par tranches, les droits de succession dus s’élèvent à un peu plus de 8 000 euros, soit environ 5,4 % de la somme totale héritée, et non 45 % comme on pourrait le craindre en regardant uniquement le taux marginal le plus élevé.
L’erreur fréquente sur le calcul
Beaucoup pensent que le taux maximal du barème s’applique à toute la somme héritée. En réalité, chaque tranche est imposée séparément, comme pour l’impôt sur le revenu. Le taux réel payé reste souvent bien inférieur au taux marginal affiché dans les grilles fiscales.
Frais bancaires de succession : plafonnement 2025/2026

Montant du plafond et produits concernés
Au-delà des droits de succession versés à l’État, la banque facture elle-même des frais pour traiter le dossier de succession sur les comptes du défunt. Ces frais bancaires succession ont longtemps varié fortement d’un établissement à l’autre, parfois jusqu’à plusieurs centaines d’euros. Depuis la réforme novembre 2025, ces frais sont désormais plafonnés, une mesure censée protéger les héritiers face à des tarifications jugées excessives. Le plafond 2026 s’applique aux comptes bancaires classiques, aux livrets et à certains produits d’épargne, avec un montant proportionnel aux sommes détenues sur les comptes concernés.
Cas de gratuité
Certaines successions restent gratuites pour le traitement bancaire, notamment lorsque le solde des comptes est faible ou lorsque l’héritier est un enfant mineur du défunt. Les banques doivent également ne rien facturer pour la simple clôture d’un compte lorsque les sommes en jeu restent modestes, ce qui évite que des petites successions soient grevées par des frais disproportionnés.
Cas particuliers et exonérations
Conjoint survivant et partenaire de PACS
Le conjoint survivant bénéficie d’une exonération totale des droits de succession, peu importe le montant hérité sur le compte bancaire. Cette règle s’applique également au partenaire lié par un PACS, à condition qu’un testament ait été rédigé en sa faveur, puisque le partenaire pacsé n’est pas héritier légal par défaut. Cette exonération constitue l’une des protections les plus importantes du droit successoral français.
Assurance-vie et donations antérieures
L’assurance-vie échappe en grande partie aux règles classiques des droits de succession et suit un régime fiscal spécifique, souvent plus avantageux selon la date des versements et l’âge du souscripteur au moment des dépôts. Par ailleurs, toute donation antérieure consentie par le défunt de son vivant est réintégrée dans le calcul de l’abattement fiscal si elle date de moins de quinze ans, ce qui peut réduire la somme disponible pour l’héritage à venir.
Démarches à effectuer auprès de la banque
Dès qu’un décès est signalé, la banque procède au blocage compte bancaire concerné, qu’il s’agisse d’un compte individuel, d’un compte joint ou d’un compte indivis détenu avec d’autres personnes. Le compte joint reste en général accessible au survivant pour la part lui revenant, tandis que le compte indivis nécessite l’accord de tous les héritiers pour tout mouvement de fonds.
Le déblocage fonds intervient généralement après présentation d’un acte de notoriété établi par un notaire, document qui identifie officiellement les héritiers. Pour les successions dépassant certains seuils, la déclaration de succession devient obligatoire auprès de l’administration fiscale, dans un délai de six mois après le décès. Le site Service Public détaille précisément les pièces justificatives à fournir selon la situation familiale et le montant des avoirs concernés.