Un incident de parcours, une baisse de revenus ou une dépense imprévue, et voilà que les mensualités du plan de surendettement deviennent impossibles à honorer. Cette situation n’a rien d’exceptionnel : le nombre de dossiers déposés auprès des commissions de surendettement repart nettement à la hausse depuis 2023. Ce qui compte maintenant, c’est de réagir vite, avant que le dossier ne bascule vers une issue plus difficile.
Solutions immédiates : contacter la commission et demander un réexamen
La première chose à faire, dès les premières difficultés, est de prendre contact avec la Banque de France, qui gère la commission de surendettement au nom de votre dossier. Ne pas payer sans prévenir personne est la pire des options : cela accélère la procédure vers un échec du plan. En revanche, signaler la difficulté ouvre la voie à un réexamen de la situation, avec la possibilité d’adapter les mensualités à vos ressources actuelles.
Redéposer un dossier de surendettement
Si votre situation financière s’est réellement dégradée depuis la mise en place du plan conventionnel ou des mesures imposées, un redépôt de dossier est envisageable auprès de la commission. Ce nouveau dossier permet de repartir sur une base actualisée, en tenant compte de vos revenus, de vos charges et de vos dettes restantes. Le redépôt de dossier n’est pas automatique : il faut démontrer un changement significatif, comme une perte d’emploi, une maladie ou une séparation.
Négocier un aménagement du plan
Avant d’en arriver à un redépôt complet, il est parfois possible de négocier directement un aménagement des échéances, voire un moratoire temporaire suspendant les paiements pendant quelques mois. Cette solution évite de tout reconstruire et donne un répit le temps de stabiliser son budget. La commission de surendettement peut accorder ce délai si la difficulté semble passagère plutôt que structurelle.
Ce que prévoit la procédure de réexamen
La commission de surendettement peut revoir un plan en cours si elle constate une aggravation durable de la situation du débiteur. La demande doit être motivée et accompagnée de justificatifs récents (bulletins de salaire, avis de situation Pôle emploi, relevés bancaires). Sans démarche de votre part, la procédure suit son cours normal, avec le risque d’un incident de paiement non traité.
Les conséquences si vous ne remboursez plus votre plan de surendettement
Laisser filer les échéances sans prévenir personne expose à deux risques majeurs, qui peuvent se cumuler assez rapidement.
La caducité ou déchéance du plan
La caducité du plan intervient quand les mensualités ne sont plus honorées de façon répétée. La déchéance du plan, plus grave encore, met fin de manière définitive aux mesures accordées : les remises de dettes négociées disparaissent, les délais accordés tombent, et les créanciers retrouvent l’intégralité de leurs droits initiaux. Autrement dit, tout l’effort de négociation initial est perdu, ce qui rend la sortie de crise beaucoup plus compliquée.
La reprise des poursuites par les créanciers
Une fois le plan caduc ou déchu, les créanciers peuvent reprendre les poursuites suspendues pendant la procédure. Cela signifie l’intervention possible d’un huissier, des relances par courrier recommandé, voire une saisie sur salaire ou sur compte bancaire. L’inscription au FICP se prolonge également, ce qui bloque tout nouvel accès au crédit pendant plusieurs années.
Pourquoi vous n’arrivez plus à rembourser : causes fréquentes

Derrière une impossibilité de rembourser, on retrouve le plus souvent une baisse de revenus liée à une perte d’emploi, un arrêt maladie prolongé ou une retraite qui réduit brutalement le pouvoir d’achat. S’ajoutent parfois des accidents de vie : divorce, décès d’un conjoint, dépense de santé imprévue. Dans certains cas, le plan initial a simplement été calculé de façon trop optimiste, sans marge de sécurité suffisante pour absorber le moindre imprévu.
Le rétablissement personnel (PRP) : l’effacement total des dettes
Quand aucune solution d’aménagement n’est envisageable, la commission peut orienter le dossier vers un rétablissement personnel. Le PRP sans liquidation judiciaire s’applique lorsque le débiteur ne possède aucun bien saisissable : il aboutit à un effacement des dettes total, hors quelques exceptions comme les pensions alimentaires. Le PRP avec liquidation judiciaire concerne les situations où un patrimoine existe et doit être vendu pour rembourser une partie des créanciers avant l’effacement du solde. Cette issue reste la plus radicale, mais elle permet de repartir réellement à zéro quand la situation est bloquée depuis trop longtemps.
Options pour les propriétaires : vente à réméré et crédit hypothécaire
Les propriétaires disposent de leviers supplémentaires avant d’en arriver au rétablissement personnel. La vente à réméré consiste à vendre son bien tout en conservant la possibilité de le racheter plus tard, ce qui permet de dégager immédiatement des liquidités pour solder une partie des dettes. Le crédit hypothécaire, de son côté, offre un financement adossé à la valeur du bien, avec des mensualités parfois plus supportables qu’un plan classique. Ces solutions demandent une étude sérieuse, car elles engagent le patrimoine sur le long terme.
Les erreurs à éviter absolument
Souscrire un nouveau crédit pour rembourser les échéances en cours aggrave systématiquement la situation et peut disqualifier un futur dossier. Ignorer les courriers de relance ou les convocations de la commission ne fait que précipiter la déchéance du plan. Enfin, ne pas se renseigner sur les aides sociales existantes comme le montant du RSA pour une personne seule sans APL ou les secours ponctuels des services sociaux prive souvent d’un soutien qui pourrait suffire à passer un cap difficile sans tout remettre en cause.